MOUSSA CISSE SECRETAIRE GENERAL DE LA SECTION pds DE NGANDA ET VICE-PRESIDENT DE LA FEDERATION DE KAFFRINE
«Tous les anciens du Pds sont aujourd’hui misérables!!»
Moussa Cissé, plus connu sous le nom de Cissé Nganda, est le secrétaire général de la section de Nganda et vice-président de la fédération de Kaffrine. Il fait partie des tout premiers militants du Pds. C’est précisément en mars 1975 qu’il y est entré, mais depuis lors, sa situation ne s’est pas améliorée. Dans cet entretien, le responsable politique que le Président Wade a surnommé Cissé Nganda revient sur ses relations tendues avec Idrissa Seck, ses sacrifices dans le parti et dénonce la négligence ainsi que l’ostracisme dont beaucoup d’anciens sont victimes.
«Il est midi» : Qu’est-ce qui vous a amené au Pds?
Cissé Nganda: Le motif de mon entrée dans le Pds en mars 1975 procède d’une conviction que j’avais en l’idéologie de Abdoulaye Wade. Ce dernier véhiculait un projet de société avec une cité sans mendiants. Et je me suis familiarisé avec cette idéologie dans le n°1 du journal «le démocrate» qui avait mis à sa Une un non-voyant. Vous Ndiogou Wack Seck vous étiez là et vous savez de quoi je parle. Abdoulaye Wade proposait, dans ce journal, des solutions pour résoudre le problème des mendiants. Il disait que l’idéal, c’est d’avoir une société sans mendiants. C’est cette noble vision qui m’a convaincu à entrer dans le Pds et je n’avais que 25 ans. A l’époque, je faisais la navette entre la France et le Sénégal où je commercialisais des véhicules et d’autres produits. Le 23 mars 1975, je suis retourné sur Paris où j’ai rencontré de jeunes Sénégalais qui étaient fascinés par la vision de Wade, exposée dans le n°1 du «démocrate». Au temps, je militais à Fass avec Vieux Assane Mbaye alors vendeur de foin. Nous étions tout le temps ensemble avec Abdoulaye Wade, en train de discuter. Vieux Assane Mbaye et moi continuions à militer à Fass jusqu’en 1988. Mais pour que mon soutien et mon militantisme aient une grande portée, je dus repartir à Nganda situé à 300 kilomètres de Dakar pour y battre campagne lors des élections de 88. Depuis lors, je valse entre Dakar et Nganda sans l’aide du parti. Je fais mes déplacements à mes propres frais.
On vous a connu dans le Pds depuis les années 80. Mais depuis lors, vous n’avez été ni maire, ni député, ni sénateur. Comment est-ce possible?
En bon Saloum-Saloum, j’ai été éduqué dans la dignité et le travail. Et tous les Saloum-Saloum sont comme ça. Nous sommes éduqués de telle sorte que dans notre compagnonnage avec quelqu’un, nous ne lui demandons rien. Mais celui avec qui nous faisons chemin doit savoir ce que nous méritons. Dans mon cas, j’ai enduré beaucoup de choses à cause de Abdoulaye Wade, mais jusqu’à présent le parti n’a pas récompensé mes efforts. Je vous dis une chose, j’ai trois fils bacheliers qui vendent des livres parterres à Sandaga. Un autre est en deuxième année à l’université, mais il n’est pas boursier. Je l’ai accompagné à plusieurs reprises chez Ousseynou Goumbala pour qu’il lui accorde une bourse nationale, mais rien.
Avez-vous l’habitude de rencontrer Abdoulaye Wade?
Je ne peux pas compter le nombre de fois que j’ai adressé à Abdoulaye Wade des correspondances qui n’ont eu aucune suite. Seules deux lettres ont connu une réponse, et ce sont ses conseillers qui m’ont répondu. La première fois, il m’a mis en rapport avec Kansoumbaly Ndiaye et la deuxième fois avec Awa Ndiaye, l’actuel ministre de la Femme et de l’Entrepreunariat féminin. Mais jusqu’à présent, il n’y a aucune suite.
Et pourtant, vous êtes l’ami de Wade ?
Bien sûr. Nous sommes de vieux amis. D’ailleurs, Wade et Cissé sont des cousins à plaisanterie. Lors de notre dernière rencontre, il me raillait en me demandant depuis quand j’ai la barbe blanche. Il avait l’habitude de me faire rire, mais mes efforts dans le Pds n’ont pas été récompensés jusqu’ici.
Est-ce à dire que vous êtes combattu?
Je ne sais pas. En tout cas, ma situation est difficile. Et si j’ai fait quelque chose à Abdoulaye Wade au point qu’il me laisse dans cette situation, je ne peux que m’en étonner.
Pourtant, vous vous êtes rencontrés il n’y a pas si longtemps chez sa sœur à Grand Yoff!
Oui, on s’y est rencontré. Si vous voyez que je m’étais rendu chez sa sœur, c’est parce qu’il m’est difficile de le voir. D’ailleurs, c’est un ami qui m’avait informé que le Président allait rendre visite à sa sœur. Quand on s’est vu ce jour-là, il m’a même salué, mais on n’avait pas le temps de discuter. Je voulais tant lui faire part de ma situation politique à Kaffrine. J’étais le suppléant de Aliou Sow dans le département ; et la suite, vous la connaissez: Aliou Sow a renoncé à être ministre et j’ai immédiatement perdu la chance d’être élu député. Il suffisait que Aliou Sow accepte le ministère qui lui a été proposé pour que je fusse député. C’est pourquoi j’ai l’habitude de dire que celui à qui j’en veux beaucoup dans le parti, c’est Aliou Sow. J’ai tout donné au parti et on prend un Aliou Sow qu’on met au dessus de moi. Quand il s’était agi de désigner des candidats pour les élections sénatoriales, j’ai également été ignoré. Et nous sommes nombreux à être dans cette situation.
Donc on peut dire que vous êtes abandonné à vous-même, sans aucun soutien.
Absolument. Le seul qui me soutienne dans le parti, c’est Babacar Gaye. A part lui, personne d’autre ne se soucie de moi.
Et pourtant, Abdoulaye Wade vous avait mis en rapport avec Kansoumbaly Ndiaye pour qu’il vous donne un terrain et de l’argent pour la construction.
C’est vrai, mais finalement je n’ai rien reçu à cause de Idrissa Seck qui avait tout bloqué parce qu’il m’en veut à mort. Tout est parti d’une audience que j’avais sollicitée auprès du Président de la République. Alors, Kansoumbaly Ndiaye m’appela pour me dire que Wade doit partir à Londres et m’a mis en rapport avec lui. C’était en 2002. A l’époque, j’avais refusé de rencontrer Kansoumbaly et je lui avais signifié que je préférais attendre le retour du chef de l’Etat. Mais quand Kansoumbaly a insisté, j’ai accepté de le rencontrer et je vins lui exposer mon problème. Je lui avais fait savoir qu’à cause du parti, j’ai vendu toutes mes maisons et que j’habitais chez mon jeune frère. Quand, plus tard, ma demande a été accordée, Kansoumbaly m’appela de nouveau pour me dire qu’il m’a été accordé un terrain et 15 millions de Fcfa pour sa construction, mais il m’avait précisé que c’est Idrissa Seck qui devait me les remettre. Quand Kansoumbaly m’a informé que je devais m’adresser à Idrissa Seck, je lui ai dit que tout est perdu; car Idrissa Seck et moi avions un antécédent qui date de 2000. J’étais venu chez lui pour discuter des problèmes du parti. Alors, il m’avait demandé si je suis capable de résider à Dakar et de pouvoir diriger la section de Nganda. A cette question, j’avais répliqué: «Dites-moi un seul responsable qui n’habite pas Dakar». Malheureusement, cette réponse lui avait déplu, et depuis lors, il m’a déclaré la guerre. C’est ainsi que j’ai dit adieu à mon terrain et à mes 15 millions. Et c’est Idrissa Seck qui m’en a privés.
Malgré tout, vous continuez à militer activement dans le parti.
Bien sûr, je milite toujours avec ferveur dans le Pds. La preuve, j’ai quitté Nganda pas plus tard qu’hier (Ndlr: mardi 21 août 2007). Je rappelle, au passage, que la distance entre Nganda et Dakar fait 300 kilomètres. Soit 600 kilomètres aller et retour. Je parcours ce long trajet seul sans l’aide de personne sauf de Babacar Gaye qui m’offre souvent du carburant. N’eut été son soutien, je n’aurai jamais été en mesure de faire ces navettes.
On dirait que vous êtes dans la même situation que Serigne Wilane.
Nous sommes nombreux à Kaffrine à être dans cette situation. J’ai dénoncé cela quand le secrétaire général national du Pds a reçu la fédération de Kaffrine. Je lui avais rappelé la bonne initiative qu’il avait prise en 2001, consistant à mandater Meïssa Sall à faire le tour du Sénégal et à rassembler les anciens du parti. Au cours de cette audience, j’avais suggéré au Président de reprendre cette initiative et d’aider les anciens qui se sont sacrifiés pour le parti. Je précise, dans le même sens, que d’autres personnes au Saloum ne vivent que pour Wade, mais elles sont laissées pour compte.
Vous voulez dire que le Pds est en train de dérailler compte tenu du traitement réservé aux anciens?
Effectivement, il est en train de dévier de sa ligne. Dans mon cas, l’argent n’a jamais conditionné mon adhésion au Pds. Au contraire, en 1975 j’avais tout ce dont j’avais besoin. Seule l’idéologie de Wade m’avait convaincu. Mais notre malheur, nous les anciens, est que nous avons tout donné au parti, mais nous n’avons rien obtenu en retour, pendant que des arrivistes et des transhumants se font promouvoir sous notre nez. Je donne l’exemple de Koungheul qui a un député du nom de Adji Khary Seck. Comme si cela ne suffisait pas, le parti a élu sénateur El Hadj Ousmane Seck, son frère consanguin. Le plus révoltant dans cela, c’est que tous les deux étaient des socialistes. Et c’est dommage, car les authentiques responsables libéraux de Koungheul sont frustrés. Et face à ces actes qui n’honorent pas le parti, le conseil que je peux donner est qu’il revienne à son ancienne idéologie. Celle-là même qui m’avait convaincu à y adhérer.
Vous avez déclaré tout à l’heure avoir tout donné au parti et vous n’avez plus où habiter. Dites-nous en un peu plus.
J’ai commencé à faire des affaires en 1975 quand je faisais la navette entre le Sénégal et la France. A l’époque, mes affaires prospéraient et j’avais même construit trois maisons à Dakar. Par la suite, pour l’amour du parti, je les ai vendues rien que pour pouvoir financer nos activités politiques. Aujourd’hui, je n’ai plus où habiter et c’est mon petit frère qui m’a hébergé. C’est vous dire que c’est moi qui ai tout donné au parti, mais le parti ne m’a rien donné. Ce, depuis 30 ans.
Propos recueillis par Ndiogou Wack SECK
VISITE AU SENEGAL DU PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE BISSAU-GUINEENNE
Francisco Benante propose à Macky Sall une résolution commune du conflit casamançais
Le président de l’Assemblée nationale bissau-guinéenne a rendu hier une visite de courtoisie à son homologue sénégalais. Au cours de la visite, Francisco Benante et Macky Sall ont échangé sur plusieurs questions touchant le Sénégal et la Guinée Bissau. Dans l’intérêt de la fraternité qui unit les deux pays et de la consolidation de la paix à la frontière, l’hôte étranger a invité les autorités sénégalaises à une action commune pour la résolution définitive du conflit casamançais.
La résolution du conflit casamançais doit relever de la commune volonté de la Guinée-Bissau et du Sénégal, a déclaré hier à Dakar le président de l’Assemblée nationale bissau-guinéenne en visite à Dakar. Francisco Benante qui rendait une visite de courtoisie à son homologue sénégalais a annoncé que le conflit casamançais est commun à nos deux pays. «Les deux Etats doivent converger vers la résolution définitive de ce conflit», a estimé Francisco Benante qui a informé avoir fait ses études primaires et secondaires en Casamance où il a exercé comme instituteur. En plus de l’amour qu’il a pour la Casamance, l’hôte étranger a déclaré avoir à cœur la stabilité de la paix dans la région sud du pays. Cette stabilité, a-t-il confié à sa sortie d’audience, ne saurait faire l’objet d’une œuvre solitaire, mais commune entre les deux pays frontaliers.
Francisco Benante a, par ailleurs, confié avoir entretenu son homologue de l’utilité du renforcement des relations entre les parlements des deux pays de même que la consolidation de la fraternité et l’amitié entre les deux peuples. A ce propos, le président de l’Assemblée nationale bissau-guinéenne a signalé que le Sénégal et la Guinée Bissau ont des liens si forts qu’ils pourraient constituer un seul corps et avoir les mêmes positions dans les instances parlementaires de la Cedeao et de l’Uemoa. «Nous nous sommes promis d’avoir des relations horizontales», a dit l’hôte qui entend poursuivre son cheminement avec Macky Sall dans le cadre de la revalorisation de nos deux parlements.
Enfin, Francisco Benante a été interpellé sur le réseau de trafic de drogue qui menace sérieusement la Guinée Bissau et le Sénégal. A cette question, il a répondu que les autorités des deux pays vont travailler ensemble pour venir à bout de ce fléau. «Nous luttons avec les moyens disponibles pour en finir avec ce fléau», a-t-il fait remarquer comme pour mettre en garde les trafiquants contre les risques qu’ils courent.
Makhtar TALL
NEGOCIATIONS TRAVAILLEURS DU TRAIN BLEU / MINISTERE DE TUTELLE
L’accalmie revient à la gare ferroviaire
Une délégation de travailleurs du petit train bleu et le ministère des Transports terrestres ont eu hier, une rencontre portant sur les revendications desdits travailleurs. La rencontre a porté sur trois points qui ont fait l’objet de négociations concluantes. Une commission mise sur pied a été chargée de livrer, dans un délai de 10 jours, ses conclusions au ministre de tutelle pour leur application.
Les travailleurs du train bleu de la banlieue n’ont plus à s’inquiéter de leurs conditions de travail, car leurs revendications sont en passe d’être satisfaites. Du moins, c’est ce qui est ressorti de leur rencontre avec le directeur des transports terrestres, Dame Seck. Ce dernier les a assurés que le ministre de tutelle Farba Senghor est disposé à collaborer avec eux. Il a, à cet effet, demandé à la commission de travailler sur les revendications et de lui fournir, dans un délai de 10 jours, des résultats afin que les propositions puissent être appliquées dans la mesure du possible.
La délégation des travailleurs du petit train bleu, conduite par Ndiouga Wade représentant de la Cnts, a mis sur la table trois points. Le premier a concerné la prime de transport qui n’a pas été payée depuis 2003, le paiement des salaires depuis 2004 et l’accord d’établissement qui doit être renégocié. Concernant la prime de transport, les deux parties ont convenu que les travailleurs logés et transportés par le petit train bleu n’aient pas droit à la prime. Tous les autres par contre, y ont droit. Mais le point sur lequel les deux parties ont buté a été celui des travailleurs logés dans les dortoirs. Selon Ndiouga Wade, ces derniers ont certes droit aux primes, mais des négociations seront engagées avec la direction générale pour étudier leur cas. Pour ce qui est de l’augmentation des salaires, les représentants des travailleurs ont reçu mandat de fournir des documents au ministre de tutelle pour que les augmentations faites par l’Etat depuis 2004 puissent être appliquées à eux. Enfin, concernant l’accord d’établissement, les travailleurs du petit train bleu sont priés de fournir un projet d’accord à présenter à la direction générale pour pouvoir engager les discussions.
En bref, les deux parties ont eu hier, des négociations ambiantes et prometteuses. On se souvient de leur récent mouvement d’humeur enclenché pour réclamer de meilleures conditions de travail. Mais à l’issue des négociations d’hier, il y a à espérer une issue heureuse, surtout que la commission ne dispose que d’une dizaine de jours pour livrer ses conclusions au ministère de tutelle en vue de leur application.
Makhtar TALL
FARBA SENGHOR DECIDE A REDRESSER DDD
Un milliard quatre cent millions pour redresser la société
La rencontre entre le Ministre des Transports Terrestres et des Transports Aériens, fait suite aux nombreux mouvements d’humeur observés dans la société managée par Christian Salvy. Après plus de deux tours d’horloge, la rencontre d’hier a permis aux travailleurs de la société Dakar Dem Dik (DDD) et à la tutelle de poser les jalons d’un redressement du premier joyau de l’alternance. Farba Senghor, qui n’est pas en terrain inconnu, bénéficie de la confiance des travailleurs pour des lendemains meilleurs quant à la gestion de la boîte.
Au sortir de leur rencontre avec leur Ministre de tutelle, les travailleurs de DDD ont montré toute leur satisfaction quant aux dispositions prises par Farba Senghor pour le redressement de leur entreprise. Le nouveau Ministre des Transports a gagné la confiance des amis de M Goudiaby, secrétaire général de l’union démocratique des travailleurs de DDD. Selon lui, dans un court délai, un nouveau souffle sera apporté à la société afin que la rentrée scolaire se fasse dans de très bonnes conditions. Tout autant, il s’agit pour eux de pérenniser l’entreprise, souci majeur des travailleurs. M Goudiaby s’est par ailleurs réjoui de la volonté du Ministre de renouer le dialogue social entre les travailleurs et les autorités de DDD, principalement M Salvy. Relativement à la revalorisation des salaires, les travailleurs de DDD se disent satisfaits de l’engagement de la tutelle qui, avec le concours de l’Etat, essayera de trouver une issue heureuse aux revendications des travailleurs. Dans ce cadre, une commission de suivi composée de l’ensemble des acteurs de DDD a été créée pour garantir la réussite de la mission. Laquelle commission sera composée par les Ministères des Finances, de la Fonction Publique et le Cetud entre autres. Parallèlement, il y aura une commission dite financière pour continuer les négociations sur les salaires avec le Ministère de la Fonction Publique. Aussi, M Goudiaby a promis de lancer un appel à l’ensemble des travailleurs de la société pour redoubler d’efforts car estime-t-il : «nous avons confié l’ensemble de nos préoccupations à un ministre de tutelle qui a toujours été de notre côté et nous inspire suffisamment confiance». Pour sa part, Farba Senghor a tenu à rappeler l’urgence de cette rencontre qui entre dans le cadre du rétablissement du climat social pour le bon fonctionnement de DDD. Il a fait part de sa rencontre avec M Salvy qui lui aurait demandé de transmettre aux travailleurs sa volonté d’ouvrir un dialogue social afin que la société puisse être redressée le plus rapidement possible. Le Ministre des Transports a également annoncé la décision du Gouvernement sénégalais d’injecter 1.400.000.000 de francs Cfa dont 826.000.000 de francs pour l’achat de pièces détachées et environ 500.000.000 de francs pour couvrir un déficit de trésorerie constaté au cours du mois d’août au sein de la société DDD. Mais, rappelle Farba Senghor : «cette somme d’un milliard quatre cents millions va être défalquée de la compensation du service public». En outre, il n’a pas manqué d’éclaircir en poursuivant : « Cela prouve la volonté du Président de la République de garantir une ouverture des classes dans la sérénité avec la promesse faite de faciliter une suffisante circulation de bus en état de fonctionnement pour assurer le service public du transport. A en croire Farba Senghor, à partir d’aujourd’hui, il n’y aura plus de problèmes entre les travailleurs de DDD et M Salvy.
El Hadji Mansour NDIAYE
SENATORIALES 2007 A TAMBACOUNDA
Le faible score du PDS continue d’alimenter le débat
Si le PDS jubile à l’annonce des résultats, certains leaders dont le député Djiby Cissé, pensent que ce n’est pas une victoire, vu le poids du Parti démocratique sénégalais à Tambacounda. Pour lui, même si le candidat est le choix du secrétaire général, la direction du parti est fautive car une concertation est nécessaire quand on fait des investitures. Son frère libéral Madou Kane Baye responsable politique à Makacoulibanta, pense lui que même s’il faut jubiler, le score est humiliant.
Réaction de Djiby Cissé député PDS: «Ecoutez, c’est un petit satisfecit parce qu’on a gagné par un score de 10 voix. Vu le poids du PDS à Tambacounda, on devrait gagner mieux. Honnêtement, je ne considère pas ce résultat comme une victoire. Mais je pense que la direction du parti est fautive. Quant il y a des responsables politiques dans un parti, même s’il y a le choix du secrétaire général, une concertation serait nécessaire quand on fait les investitures. Personne n’ignore comment les législatives se sont passées, vous ne l’ignorez pas. Moi, je n’ai pas un esprit de vengeance. Si je l’avais, le Pds n’aurait pas eu un tel résultat. Toutefois, je suis quand même satisfait parce que nous sommes un parti de masse, un grand parti et nous ne devions perdre dans aucun département. Je pense qu’en serrant les coudes, nous gagnerons mieux les échéances à venir. Par rapport au vote sanction, il n’y a en a pas eu. J’ai parlé à l’administrateur du parti Abdoulaye Faye.
Mon problème, le parti est structuré et il y a un responsable au niveau de chaque département et je veux qu’on respecte les responsables, qu’on les écoute avant de faire quoi que ce soit.
Et puis, je ne peux pas scier la branche sur la quelle je suis assis. Et je ne veux pas que le parti perde. C’est vrai que le PSA était en avance le matin mais l’après- midi, nous avons mis le paquet. Au finish, je suis satisfait et je remercie tout le monde».
Réaction de Modou Kane Baye responsable politique à Maka: «Je vous remercie. J’ai à la fois un sentiment de vainqueur et de vaincu. Connaissant l’électorat du PDS à Tamba, être en ballottage avec le PSA de Souty Touré, c’est humiliant. Je suis très gêné par rapport à cela. Sans doute que c’est à cause des prétentions. Aussi, dans chaque grand parti, il y a forcément des tendances. A mon avis, le comportement prétentieux de certains responsables choque souvent. Quand une seule sensibilité prétend contester 250 conseillers, sans penser à tes adversaires, c’est un obstacle. Je félicite le frère du secrétaire général Djiby Cissé secrétaire général de la fédération départementale de Tamba. Pour les fonds, quand le commissaire était là, tout s’est passé dans les règles de l’art. Mais ce que je ne comprends pas, c’est qu’un responsable prenne 1 million. Au nom de quoi ? Ca choque. Il a fallu que je fasse toutes les communautés rurales avec des conseillers indécis pour convaincre. Je suis bien placé pour le dire parce que j’ai battu campagne sans tricherie, toutes les campagnes, présidentielle, législatives, sénatoriale, et puis, je bats campagne sans être intéressé par aucun poste. Pour cette victoire, on s’en félicite, mais à Maka, nous sommes très contents d’avoir eu une personne comme Bilal Bâ, qui est investi. C’est un collaborateur à moi, quelqu’un avec qui je travaille dans la sincérité. Et je sais que c’est grâce à lui qu’on a eu ce résultat et non ceux qu’on retrouve dans les villages faisant croire aux gens qu’ils sont les seuls à avoir la possibilité de gagner. C’est vrai qu’ils préparent leur retour mais qu’ils cessent certaines pratiques politiciennes d’un autre âge. Et je crois qu’il faut suivre l’exemple de certains comme Abdou Karim Camara qui a demandé de voter pour le parti en mettant à la disposition des militants des moyens, ses propres moyens».
Abdoulaye Mbow
(Correspondant)
LE RAPPEUR «PACOTILLE» RECENTRE LE DEBAT...
«Les jeunes doivent soutenir Me Abdoulaye Wade»
Le rappeur sénégalais Pape Fall alias «Pacotille» a profité de l’étape de la région de Ziguinchor de la caravane des vacances citoyennes, à laquelle il participe, pour s’adresser aux jeunes de cette partie du pays, et au-delà, de l’ensemble du Sénégal. Se disant convaincu du caractère bienveillant des actions du Président de la République Me Abdoulaye Wade en faveur de la jeunesse, l’enfant de Yeumbeul, dans la banlieue Dakaroise, a appelé les jeunes de sa génération à « soutenir » celui-ci, pour des raisons qu’il nous a confiées. Entretien…
Il est Midi: Pacotille, en vous adressant aux jeunes du pays, à partir de la région de Ziguinchor, vous les avez appelé à soutenir le Président de la République Me Abdoulaye Wade, pourquoi?
Pacotille: Votre constat est juste. Je puis dire que je suis parti d’une remarque humble et personnelle. Nul n’ignore que Me Wade aime son pays, le Sénégal et sa jeunesse. Je vous donne juste quelques preuves parmi tant d’autres, qui me font dire que les jeunes doivent soutenir Me Wade. C’est un jeune de rien du tout que Me Wade a choisi pour en faire le ministre de la jeunesse. Il sait que seul un jeune peut consentir un certain de nombre de sacrifices au profit de la jeunesse. Vous n’êtes pas sans savoir que le gouvernement est en vacances. Mais, voyez ce jeune ministre qui s’est sacrifié pour dérouler le programme des vacances citoyennes comme cela lui a été instruit par Me Wade. Or, il aurait pu faire comme ses collègues en allant à Paris ou dans des lieux très reculés du monde. L’autre fait, c’est que Me Wade n’a jamais conseillé aux jeunes de ce pays, ce qui pourrait leur être préjudiciable. Et, sachant par ailleurs que ce sont les jeunes qui ont besoin d’une bonne éducation, il a donné à ce secteur une place de choix dans ce qu’il fait au profit du peuple sénégalais. N’est-ce pas lui qui a conseillé aux jeunes de beaucoup travailler, toujours travailler?
Certains ajoutent à ce conseil de Me Wade, l’interrogation : « où travailler?», qu’en pensez-vous?
- La réponse à cette question est très simple. Ceux qui disent cela savent aussi bien que vous et moi, que l’Etat ne peut pas donner du travail à tous les jeunes de ce pays. L’adage dit qu’il n’y a pas de sot métier. Si chacun essaie de faire quelque chose de licite, et s’y emploie de toutes ses forces, il pourra s’affranchir du soutien de l’Etat. C’est ce que ces jeunes qui affrontent la mer à la recherche d’un «Eldorado» en Europe, n’ont pas compris. Personne ne doit croiser les bras. Que chacun fasse quelque chose, tout en gardant sa dignité. Ce que je conçois mal, c’est qu’à chaque fois qu’on parle de recherche d’emploi, tout le monde pense à l’Etat.
-Vous ne semblez pas plaider en faveur de l’émigration clandestine, pourquoi?
- Tout le monde doit combattre l’émigration clandestine. Le combat contre l’émigration clandestine est un combat national. Nous devons considérer l’émigration clandestine comme un vol, et même une violation de domicile. Imaginez une personne qui ferme sa porte et ses fenêtres pour se rendre à son lieu de travail, et que quelqu’un vienne s’introduire dans son domicile par effraction. La honte qui habite une personne jalouse de sa dignité, qui fait que celle-ci ne ferait jamais cela, c’est cette même honte qui doit habiter ceux-là qui entrent dans des pirogues de fortune pour se rendre en Europe. C’est à cause d’eux que certaines personnes ne nous respectent plus. Notre dignité et notre personnalité valent mieux que l’Euro et le Franc Cfa.
- Que conseillez-vous alors à ces jeunes qui embarquent clandestinement pour l’Europe?
Qu’ils restent chez nous ! Les Toubabs ont besoin de nous. Si tout le mode restait chez soi, et patientait pendant un laps de temps, les Toubabs viendraient le chercher. Car, ils ont besoin de la main d’œuvre africaine. C’est nous qui détenons ce dont ils ont besoin. Mais si nous autres, nous les envahissons par centaines de milliers, ils ne pourront jamais nous considérer. Ils vont nous sous-estimer, nous minimiser, nous manquer de respect. Quant à nous, nous ne pourrons rien obtenir de respectable auprès d’eux. Nous allons mourir en mer, mettant nos parents dans l’embarras…
Que doivent faire les parents pour freiner ce fléau?
Nos parents ne doivent pas nous abandonner. Ils doivent se montrer solidaires avec leurs enfants. Ils doivent soutenir leurs enfants qui sont en chômage ; car si un jour, ceux-ci réussissent, c’est toute la famille qui en profite. Et ils doivent arrêter de dire qu’ils ne donneraient leur fille en mariage qu’à ceux-là venant d’Europe. Je pense que ce n’est pas une bonne option. Qu’ils donnent leur fille en mariage à ceux que celles-ci aiment. Parlant de ces jeunes vivant en Europe, je leur dirais d’être également solidaires avec leurs frères restés en Afrique. Celui qui gagne deux francs, qu’il cède un franc à son frère pour que celui-ci puisse décoller comme lui. Tant que cette solidarité fera défaut, la tâche du gouvernement sera toujours difficile.
Propos recueillis par Boubacar DIASSY
UN AN APRES LA DISPARITION DE MARCEL BASSENE
La Casamance se souvient d’un ami de Me Wade
Les amis, parents et alliés de Feu Marcel Basséne, membre fondateur du Parti démocratique sénégalais (Pds) de Me Abdoulaye Wade dont il était un ami et un confident jusqu’à sa disparition, le 22 Août 2006, veulent se souvenir de lui, tout en perpétuant sa mémoire. Ils ont mis sur pied un comité de pilotage qui leur permet ainsi de dérouler un tas d’activités à Dakar, à Ziguinchor et à Essyl, village natal du regretté. A la clef, une conférence publique animée, vendredi, au centre culturel de Ziguinchor.
S’il y a des Sénégalais, qui plus est, des fils de la Casamance, qui ne veulent pas que la vie et l’œuvre du regretté Marcel Bassène, membre fondateur du Parti démocratique sénégalais de Me Abdoulaye Wade, soient jetées dans les calendes grecques, ce sont bien ses parents, amis et autres alliés. Pour ce faire, ceux-ci ont mis sur pied un comité de pilotage chargé de coordonner un ensemble d’activités allant dans le sens de revisiter le passé oh combien reluisant de cette personnalité. Un passé qui a laissé une empreinte éclatante et indélébile dans l’histoire de la crise sociale en Casamance et aussi du parti du Pds. Avec M. Joseph Boutacou Bassène, membre dudit comité, on peut retenir parmi les activités au programme de perpétuation de la mémoire de l’enfant du royaume d’Affilédio Manga, des prières, un débat radiodiffusé, une conférence publique sur la vie et l’œuvre de celui-ci, un tournoi de football, etc. En l’occurrence, si l’on s’en tient au propos de M. Bassène, également ami d’enfance de Feu Marcel Bassène, « ce tournoi est l’une des nombreuses activités socio sportives que le Regretté parrainait de son vivant ». La finale dudit tournoi, sera jouée ce samedi à Essyl, village d’origine et de repos de Feu Marcel Bassène. Rappelons qu’en dehors de cela, l’homme était aussi un ami et un confident de Me Abdoulaye Wade, avec qui il a crée le Parti démocratique sénégalais actuellement au pouvoir. Un parti dont la défunte convention régionale a été, selon M. Joseph Bassène, l’initiatrice de l’expédition ayant conduit à la signature du cessez-le-feu de 1991 à Toubacouta entre le gouvernement d’alors et le Mfdc. A l’en croire, « Les Feux Marcel Bassène, Oumar Lamine Badji, Laye Diop Diatta et l’ancien député Moussa Diédhiou (Ndlr : qui est toujours vivant), s’étaient rendus en brousse pour rencontrer nos parents afin de leur dire que ce qu’ils faisaient n’était pas bon pour la région et le pays. Ils s’y étaient rendus pour leur dire de déposer les armes et de discuter avec le pouvoir ». Parlant de l’origine d’une telle décision, l’ancien camarade d’enfance de Marcel Bassène a fait noter ceci: « je vous dis au passage que ce fut une résolution de la convention régionale Pds de la Casamance». A retenir que la conférence publique de ce vendredi aura comme thème principal, «ce que Marcel a fait pour la Casamance». Une manière pour cette partie du pays, de se souvenir de cet homme qui a permis de poser les jalons de ce que Me Wade, son ami, a concrétisé le 30 Décembre 2004, en faisant signer à Me Ousmane Ngom, des protocoles d’accord avec l’Abbé Diamacoune Senghor, le regretté président du Mfdc. «Un gars comme lui (Marcel Bassène), on n’a pas le droit de l’oublier» a fait savoir Joseph Boutacou Bassène. Lequel conclut en n’excluant pas de faire édifier un jour, un mémorial en l’honneur du professeur agrégé en mathématiques.
Boubacar DIASSY